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L’amour à la mode taoïste

July 21, 2017

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L’amour à la mode taoïste

July 21, 2017

Le taoïsme est à la fois un mode de vie, une philosophie et une « religion » avec ses pratiques cultuelles, magiques, mystiques.

 

Ce qui nous intéresse ici c’est la pratique amoureuse vue par les anciens chinois. Sur la longue histoire de la civilisation chinoise il y a eu des moments plus ou moins fastes pour les techniques sexuelles taoïstes, qui perdurent encore aujourd’hui, mais l’objet de cet article n’est pas de faire un panorama historique de la question.

 

Le Tao 

 

L’idéogramme du mot Tao représente le mouvement, le pas accolé avec une tête aux longs cheveux. Le tout veut dire le chef (le dessin de la tête équivaut au sens de chef, de guide, etc. tout comme en France l’on parle de « couvre-chef » pour parler d’un chapeau, la tête c’est donc ce qui dirige) en mouvement. La longue chevelure a son importance puisque la médecine chinoise rattache la force et la santé des cheveux à la bonne vitalité des Reins, et que ceux ci gouvernent la vie sexuelle, la puissance sexuelle. Un mot ici, pour préciser que les chinois pensent en terme d’ensembles et de fonctions énergétiques, c’est à dire que la notion de »Reins » englobe les reins anatomiques mais aussi tout ce qui touche au système uro-génital, la puissance sexuelle, la volonté et la force dont on fait preuve pour avancer dans la vie, etc. D’autres tissus sont liés au reins, comme les os et les cheveux. Si on assimile l’organisme humain à une voiture, les reins sont le « carburant » dont on dispose pour avancer sur notre chemin de vie et accomplir ce pour quoi nous nous sommes incarnés (notre « mission »).

 

Le Taoïste est donc le chef de sa propre vie, il avance avec volonté et puissance. Le terme Tao a été traduit par la « Voie ».

C’est le chemin juste, celui qui mène loin, et qui nous fait aimer notre vie.

 

Le Yin et le Yang

 

Tout le monde connaît plus ou moins les termes de Yin et de Yang aujourd’hui, tellement ils sont populaires. L’homme est plus Yang (actif, agité, solaire, chaud, etc.) et la femme plus Yin (réceptive, calme, lunaire, froide, etc.). Dans ce monde de la dualité, le Yin et le Yang sont toujours mélangés, et il est dit qu’en cas de séparation totale du Yin et du Yang, c’est la mort. Un homme a toujours du Yin en lui et une femme du Yang. Le Yang protège et le Yin nourrit, tout comme l’homme protège sa femme et la femme « nourrit » (dans tous les sens du terme) son homme.

 

Quelle place à la sexualité dans cette vision du monde ?

La sexualité est, pour les taoïstes chinois, aussi essentielle que manger et boire, c’est un besoin vital et la pratique amoureuse est garante de la bonne santé et de la longévité.

 

Je parle de « pratique amoureuse », car si le sexe est bon, il est encore meilleur de nourrir des émotions d’amour détaché envers ses partenaires, garantes d’un meilleur échange énergétique. Car faire l’amour c’est tout simplement faire un échange Yin-Yang indispensable à la vie. L’homme est plus yang et il a besoin du yin que lui apporte la femme pour nourrir son yang qui peut s’épuiser à force d’être trop agité et actif. La femme a besoin du yang de son compagnon pour la dynamiser et la réchauffer. C’est exactement ce qu’il se passe dans la chambre à coucher : l’homme se nourrit des sécrétions liquides yin de la femme (salive en échangeant des baisers, colostrum ou lait si quelques gouttes perlent au téton, et mouillure vaginale) et la femme reçoit les secousses dynamiques et yang de la verge de son partenaire. Faire l’amour est ainsi un acte de santé débarrassé des préoccupations « perverses » occidentales (attachement excessif, passion destructrice, honte/culpabilité, mauvaise morale judéo chrétienne ou à l’inverse sexualité débridée et pornographique, etc.)

 

L’homme et la femme peuvent très bien avoir plusieurs partenaires, puisque « l’art de la chambre à coucher » n’est pas « souillé » par des notions d’exclusivité, d’attachement…

Pour les taoïstes, comme en général dans les courants « religieux » asiatiques (bouddhisme par ex), l’amour est vaste et large, détaché et désintéressé, il n’est pas question d’être le propriétaire de son/sa partenaire…

 

Il était courant jadis qu’un couple en bonne entente se laisse la permissivité « d’aller voir ailleurs », non pas dans une frénésie de consommer plus, mais dans l’optique de découvrir et d’explorer leur potentiel, de pratiquer et d’apprendre et de faire bénéficier à leur partenaire de leurs découvertes.

 

Faire l’amour est un art qui s’apprend

Comme dans tout art, il convient de maîtriser des techniques

 

La vision romantique et naïve qui consiste à croire que la passion amoureuse suffit pour bien faire l’amour est hors de propos ; si l’amour et le sexe veulent être un art véritable, alors il convient d’en maîtriser les techniques. Les anciens chinois ont ainsi insisté sur l’aspect technique et pragmatique de l’amour. Etre un bon amant s’apprend. Les livres et manuels taoïstes regorgent de mille détails pratiques pour que l’homme et la femme deviennent de « supers amants ». C’est que le sexe est au minimum un échange d’énergies salutaire mais peut aussi devenir un chemin vers l’extase mystique. La puissance sexuelle est la puissance fondamentale de la vie, c’est un feu primordial que l’adepte apprend à maîtriser en le raffinant et en l’élevant pour le « spiritualiser ». A partir des pulsions primaires et animales on peut s’élever pour rejoindre les Dieux ; tel est un des messages du Taoïsme.

 

Si le saphisme était valorisé et l’homosexualité masculine pratiquée, l’idéal taoïste, pour des raisons énergétiques, est la rencontre entre un homme et une femme, qui ont deux modalités bien différentes. La base de la compréhension de la sexualité est celle ci :

 

L’homme est yang, il est tel un feu qui s’embrase facilement, mais se consume et s’éteint rapidement : son grand défi est de retenir son éjaculation le plus longtemps pour satisfaire sa compagne !

 

La femme est yin, elle est telle une eau fraîche qui se réchauffe lentement et difficilement : le grand défi de son compagnon est d’éveiller son désir, de la « chauffer » et ensuite de faire durer le plaisir !

 

Comme vous le lisez, la « pression » se porte surtout sur l’homme !

De nature « chaude » mais peu endurante, il doit bien tenir ses rênes et maîtriser ses chevaux s’il veut avoir l’espoir de conduire sa compagne au septième ciel !

D’autant plus que toute éjaculation est une perte de précieuse énergie : les chinois assimilent le sperme au « tsing » ou « jing » qui veut dire « essence », c’est l’une des plus précieuses substances du corps humain, fabriquée dans nos fameux reins et garantes de notre puissance, volonté, énergie et longévité ! D’où la fameuse impression qu’ont les hommes de se sentir « mous », las, l’envie de rien après avoir trop dilapidé leur semence. D’où l’endormissement et le relâchement post éjaculatoire, qui traduit un épuisement de l’énergie des reins.

 

Ainsi, dans une perspective très féministe, « l’art de la chambre à coucher » taoïste donne à la femme le beau rôle puisqu’elle peut jouir (presque) sans modération, l’orgasme étant source de bonne santé pour elle. La femme perd son essence quand elle a des règles trop abondantes ou suite à des accouchements épuisants et des pertes de sang significatives, mais pas quand elle jouit.

 

Les taoïstes ont ainsi insisté sur les techniques permettant à l’homme de faire l’amour sans éjaculer, dans le but « gentleman » de donner à ses compagnes plusieurs orgasmes mais aussi pour préserver sa santé et sa longévité. Les conseils techniques sont très précis (forte contraction du périnée et rétention de la respiration avant la « montée » orgasmique…) et la fréquence des éjaculations permises diminue avec l’âge. Plus l’homme fait l’amour sans éjaculer, plus il accumule de l’énergie pour restaurer le bon fonctionnement de ses organes internes, de ses fonctions vitales et pour utiliser sa puissance sexuelle à des fins d ‘élévation spirituelle.

 

Nous n’aborderons pas ici les multiples techniques de l’art amoureux :

Il existe d’abord un véritable entraînement à faire en solo pour être au mieux de sa forme avant les rencontres amoureuses (automassages du sexe et des seins, exercices d’allongement et de fortification de la verge, travail sur le périnée, etc.),de précieux conseils sur les positions sexuelles et leurs avantages respectifs, sur les différentes façons de pénétrer le vagin avec des profondeurs et des rythmes variés…

 

Les chinois ont été de véritables explorateurs en ce domaine, car ils ont bien compris que la connaissance est la clé de tout et surtout du bonheur !

 

En fin d’article vous trouverez des livres traduits en français qui vous donneront un large éventail d’exercices à pratiquer seul ou en couple.

 

Cette sagesse taoïste décomplexée a beaucoup à nous apprendre, pour vivre notre sexualité de manière libre et joyeuse.

 

A lire (et à pratiquer !) :

 

Le Tao de l’art d’aimer, Jolan Chang, ed. Pocket

 

Su Nou Jing, le merveilleux traité de la sexualité chinoise, Maurice Mussat (traduction par Leung Kwok Po), ed. Médicis

 

_ Pour les femmes :

Les enseignements sexuels de la tigresse blanche, Hsi Lai, ed. Guy Trédaniel

 

_ Pour les hommes :

Les enseignements sexuels du dragon de jade, Hsi Lai, ed. Guy Tredaniel

 

 

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FABRICE MARTINEZ

Acupuncture

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